« Le marketing territorial est l’effort de valorisation des territoires à des marchés concurrentiels pour influencer, en leur faveur, le comportement de leurs publics par une offre dont la valeur perçue est durablement supérieure à celle des concurrents. Cette activité est généralement pilotée par des agences de développement pour le compte d’autorités publiques et d’acteurs privés ». (Mercator)

Si, lors des 3 précédents articles, j’ai abordé le pourquoi de la nécessité d’un marque porteuse des valeurs d’une « Cité » au sens large, l’apport d’une telle démarche, ainsi que sa transcription au niveau visuelle, dans ce dernier volet il me semblait essentiel d’aborder le comment, la méthodologie à appliquer pour entreprendre avec succès. Aussi, et me référant à diverses sources (Vincent Gollain, Simon Anholt, le Mercator, Place Brand, etc.), j’ai choisi de parler de deux méthodes, l’une très pragmatique et l’autre plus « émotionnelle », permettant de concevoir les étapes-clés du marketing territorial.
La première variante, qui consiste à envisager le marketing territorial comme une mise en application des principes du marketing, avec les contraintes inhérentes à la spécificité du « produit » concerné, s’intitule la méthode « CERISE REVAIT® ». Mise au point par Vincent Gollain, elle permet d’identifier, à l’intérieur d’une démarche séquencée, les indicateurs qui vont permettre au territoire concerné de se démarquer, de définir son mix-marketing et de formaliser l’argumentation des avantages concurrentiels du-dit territoire. Une remarque préalable s’impose: même si, pour simplifier, j’ai abordé le marketing territorial comme s’appliquant à des villes, communes, régions, etc., celui-ci, dans sa conceptualisation, s’applique davantage à un territoire « économique », recoupant des avantages concurrentiels ou des facteurs d’opportunités communs. Aussi, il appartient aux acteurs locaux ou aux marketeurs de s’affranchir des limites physiques pour se concentrer sur une démarcation qui fait du sens en tant que telle.
Les trois séquences principales incluant CERISE REVAIT® se composent comme suit:
1. Etablissement du diagnostic (collecte des informations, audit, analyse, concurrence, synthèse)
2. Définition des choix stratégiques (mission, promesse)
3. Sélection des actions (mix-marketing, planification)
La méthode pré-citée intégrant 13 composantes (Capital humain, Entreprises et acteurs leaders, Réseaux et points nodaux, Infrastructure/immobilier, Services, Evénements professionnels, Recherche et développement, Entreprises secondaires, Valeurs et identité du territoire, Actions collectives structurantes, Image extérieure, TIC, ®essources naturelles et physiques) est utilisée lors de:
1. L’analyse des concurrents et de leur discours
2. L’identification des atouts du territoire et des filières-clés selon l’environnement concurrentiel
3. La construction des arguments en faveur du territoire
L’avantage de ce « schéma », c’est qu’il est parfaitement reproductible et applicable, constituant ainsi un outil d’analyse pertinent et une base de travail unique pour tout groupe désirant s’engager dans un processus de marketing territorial. Evidemment, elle n’empêche aucunement la créativité collective ou individuelle, puisqu’elle offre le cadre nécessaire à une réflexion… libérée!
La deuxième variante (qui n’est cette fois pas un acronyme), inclus dans son nom sa force et sa faiblesse: Simon Anholt. Sa force, parce que Simon Anholt est l’un des concepteurs de la notion de « branding des nations », ayant compris bien avant tout le monde le potentiel économique, et donc l’énorme travail à faire sur le marketing territorial à l’échelle internationale; sa faiblesse? A part si vous êtes Simon Anholt, difficile de reproduire sa méthodologie, étant donné qu’elle est basée sur son expérience, son charisme, sa force de conviction. « SA » travaille essentiellement pour des pays, réunissant dans une première étape le top 10 des décideurs nationaux (Chef d’Etat, ministres, Top leaders, People), et les faisant brainstormer sur les valeurs du pays, ses points forts, son image, etc.; il conduit également une vaste étude à l’étranger pour évaluer la perception du pays en dehors de ses frontières, puis, confronte les deux et élabore sa stratégie de marque essentiellement basée sur un principe: les nations doivent se concentrer sur ce qu’elles produisent et sur des actes, non sur des paroles. Deux mondes s’opposent! En effet, « SA » décrie le pouvoir limité des campagnes de communication ou de relations publiques et capitalise sur des actions concrètes, comme par exemple:
- une politique sociale, économique, environnementale et étrangère courageuse et éclairées;
- un développement dynamique du tourisme, des investissements et exportations étrangers;
- des événements internationaux choisis avec soin dans les domaines politique, culturel ou sportif;
- un développement des relations culturelles et académiques avec d’autres nations;
- un engagement stratégique dans le développement international et la réduction de la pauvreté;
- etc…

Simon Anholt, a notamment élaboré une étude internationale en collaboration avec le groupe GfK sur la perception des marques nationales, en se basant sur un échantillon de 20’000 personnes provenant de plus de 20 pays et incluant des critères aussi variés que la culture, le tourisme, la « gouvernance », l’immigration, l’exportation et les personnes.
Donc deux philosophies, deux façons d’envisager la marque, un seul objectif cependant: donner du sens… Alors, vous êtes plutôt CERISE ou Simon, finalement? Si vous deviez vous lancer, avec quelle approche vous sentiriez-vous à l’aise? Marquez VOTRE territoire…
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